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Pas
facile d'être un groupe de rock et de ne pas être
dans la mouvance imposée par les charts ou MTV, les All
the Queen's Men viennent de Boston. Une scène pas aussi
importante que celle de Seattle, New York ou Los Angeles. Il
y a pourtant là-bas trois mille groupes qui tentent tant
bien que mal de se faire une place à la chaleur des sunlights.
Des grands frères y ont réussi, comme Boston naturellement,
mais aussi les Cars, Aerosmith ou Tracy Chapman. Mais c'était
une autre époque.
Aujourd'hui,
la ville n'échappe pas à la tendance «gargage»
qui s'est installée sur tout le continent américain.
Un retour au son des sixties dont les chefs de file américains
sont les Strokes ou les White Stripes. Alors quand on veut faire
un rock différent, mâtiné d'electro et plus
difficile d'accès, on peine. Mais les All the Queen's
Men ont à la fois la foi et un disque tout nouveau Curvy
Baby, un double album constitué de leurs compositions
tout d'abord et d'un deuxième CD de leurs morceaux remixés
par huit Dj's européens et deux américains. Parmi
eux, deux Valaisans: Andy Zufferey et Brousse de Psyberpunk.
Étonnant? Pas tellement. Andy Zufferey est le frère
de Christine Zufferey, émigrée à Boston
depuis dix ans et... chanteuse des All the Queen's Men. Christine
traduit pour son groupe, composé de Tamora Gooding à
la batterie, Catherine Capozzi aux guitares, Joe Kowalski à
la basse. Rencontre avec tout le band qui sera en concert acoustique
à l'Hacienda Sonic ce samedi à Sierre dès
22 heures. De quoi découvrir un groupe de Boston... avec
un son européen.
Quel
est le concept de Curvy Baby?
(Christine)
Nous sommes basés dans le rock mais nous aimons bien
la musique électronique. On a essayé de mélanger
cette influence à nos racines. Et comme nous avions déjà
fait des remixes sur notre dernier disque et que cela nous avait
plu, nous avons poussé plus loin le concept en proposant
nos morceaux à des Dj's pour des remixes.
(Tamora)
Il est intéressant d'entendre quels éléments
les Djs ont soulignés et ceux qui étaient de leurs
interprétations.
(Christine).
On aime le travail qui a été fait sur tout les
morceaux. Et personnellement j'écoute plus les remixes
que nos morceaux car avec Tamora nous avons tellement travaillé
sur eux que nous préférons écouter autre
chose et nous jouons maintenant même en live le remix
fait par les Flying Red Fish sur <<You make my Life>>.
Un
groupe de filles avec un disque qui s'appelle Curvy Baby
présentant une pin-up sur sa pochette, c'est un peu machiste
non?
(Christine)
L'image de la femme aux États-Unis est semblable à
celle d'un enfant, maigre et chétive. Notre message c'est
que cette image est stupide, on est certainement plus heureuses
en ne ressemblant pas aux filles des magazines. Le titre de
l'album parle aussi de notre musique faite de courbes.
Il
est difficile de trouver des filles qui font de la basse, ou
vous vouliez à tout prix un gars dans votre groupe?
(Les
filles en choeur) C'est agréable d'avoir un gars dans
le groupe (rire). Nous n'avions jamais voulu être un groupe
de filles, et on aime bien avoir une énergie masculine
qui change celles des filles. Cela crée un équilibre.
Comment
se fait le travail des morceaux dans le groupe?
(Christine)
J'écris la plupart des textes. Mais nous partons souvent
d'une partie de batterie que nous faisons tourner en répétition
pour Curvy Baby en tout cas. Nous travaillons beaucoup
ensemble, en jammant.
Beaucoup de bagarres?
(Joe)
Christine et Catherine forment un vieux couple qui se <<chamaille>>.
(rire)
Pour
un bon nombre de musiciens suisses, les Etats-Unis ressemblent
à un Eldorado musical. Qu'en est-il vraiment?
(Catherine)
Les Etats-Unis sont un lieu fantastique pour la musique, mais
très, très dur.
(Christine)
Les cachets sont très maigres. Ils partent de <<rien>>
et vont jusqu'à <<pas beaucoup>>.
Vous êtes donc obligés de travailler à côté
de votre passion?
(Christine)
Oui, Catherine et moi donnons des cours de guitares, Tamora
travaille dans un studio et notre bassiste travaille sur le
Web.
En
tant qu'artistes ce n'est pas difficile de passer du monde du
travail à celui de la création?
(Christine)
Non, nos métiers nous permettent une grande liberté.
Et la musique, c'est vraiment ce que nous voulons faire. Alors
nous n'avons pas de peine à faire des concessions.
Comment
garder alors la foi?
(Christine)
C'est dur de jouer dans un monde musical où les critères
sont <<ressembler à Britney Spears>>. Pour
ma part, la musique me fait vivre intérieurement. L'argent
passe au second plan. Il est peut-être plus facile de
continuer aux Etats-Unis qu'en Suisse, parce-que la vie est
paradoxalement plus confortable en Suisse. On est habitués
ici à vouloir posséder une jolie maison, et ce
n'est pas notre propos.
(Tamora)
On appelle cela la passion.
Combien
de temps durera-t-elle?
(Joe)
Aussi longtemps qu'il le faudra (rire).
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